"Le Pariscope"

Publié le par Théâtre de l'Aiguillon

Quel beau spectacle !

« Quel beau spectacle ! Et pourtant, la théâtralisation d'un texte littéraire est un exercice jamais gagné d'avance. Le rapport entre le lecteur et le livre est tellement de l'ordre du personnel ! Or, la scène est un lieu de partage entre le comédien et le spectateur. Le personnage principal, Ernest Grassentroope, s'adressant directement au lecteur, il est évident que la structure même du roman de Roy Lewis se prête assez bien à la scène.

Ernest Grassentroope est conférencier. Il va nous parler de l'évolution de l'humanité pendant l'ère du paléolithique inférieur. Ayant vécu à cette lointaine époque, il connaît bien son sujet. Il est le dernier pithécanthrope, c'est-à-dire le chaînon entre le singe et l'homo erectus. Son père, le grand Edouard, n'a pas hésité une seconde à descendre de son arbre pour marcher vers le progrès. Ce qui ne plaît pas à tout le monde, essentiellement à l'oncle Vania. Sur scène, on retrouve tout ce qui a fait le succès du livre, l'humour "so british" de l'auteur, sa malice et sa tendresse. L'adaptation est des plus réussies. Mais ce qui met vraiment le cœur en joie et fait jubiler l'esprit, c'est le jeu de Damien Ricour, qui signe également l'adaptation. Ce qu'il fait sur scène va plus loin que la simple performance, en illustrant parfaitement ce qu'est le travail d'un comédien. Issu de la prestigieuse école Lecoq, comme Philippe Avron, il sait jouer avec notre imaginaire. Un geste de la main, un changement de voix, d'attitude, suffisent à faire naître devant nous tout un univers, à créer une ambiance. C'est fou ce qu'on peut faire avec rien. Le comédien-metteur en scène Patrick Laval a canalisé avec une grande finesse la créativité foisonnante de l'artiste.

Damien Ricour nous prend par la main dès la première minute et ne lâche qu'à la fin. Tant mieux parce que pour applaudir, il nous faut les deux mains. »

Marie-Céline Nivière, le 16 janvier 2008

Publié dans La presse

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